Ce qui va sans dire va toujours mieux en le disant, comme chacun sait. C’est sans doute pourquoi la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Éducation a diligenté deux enquêtes similaires – l’une auprès de 7 688 élèves de CM2, l’autre auprès de 5 856 de leurs aînés de 3e – portant sur l’apprentissage de l’histoire, de la géographie et de l’instruction civique, d’où il ressort qu’une bonne connaissance du français est indispensable à l’apprentissage des autres disciplines ! Je me demande bien qui pouvait en douter, à part quelques technocrates en mal de se faire mousser ?
Ces deux enquêtes s’inscrivent dans la perspective d’« évaluations-bilans » par disciplines scolaires en fin de primaire et fin de collège, qui ont été engagées depuis 2003 avec l’étude sur la « compréhension écrite et orale ». Renouvelées tous les six ans, ces enquêtes doivent permettre de suivre l’évolution du « niveau des élèves. » Les résultats publiés en 2008 porteront sur les sciences et les mathématiques. On voit mal comment les conclusions pourraient être différentes et en quoi les matières scientifiques nécessiteraient une moins bonne maîtrise de la langue véhicule de l’enseignement.
Quoi qu’il en soit, les résultats de ces études sont proposés dans le langage jargonnant cher à l’Éducation nationale et il y a fort à parier que si l’on en proposait la lecture aux élèves-cobayes, les résultats sur la compréhension d’un texte seraient encore plus catastrophiques que ce qu’ils sont déjà.
La vraie question est donc : ayant constaté un affaiblissement du niveau élémentaire de la langue chez nos chères têtes blondes, dans la mesure où l’on n’a pas trouvé pour l’heure le moyen d’y remédier, ne faudrait-il pas, pour l’ensemble du système d’enseignement, tenter de se mettre à la portée de son auditoire afin de s’en faire comprendre ?
J’écris ceci près du radiateur, ma place habituelle depuis les temps immémoriaux où déjà je trouvais mes maîtres hermétiques et heureux de l’être pour se donner un air d’intelligence. Ceux qui voulaient bien descendre de leur piédestal – l’estrade du bateleur – étaient loin de déchoir ! Les efforts qu’ils consentaient pour venir vers nous étaient le plus souvent payés de retour, ils nous donnaient envie d’aller vers eux et quelquefois la rencontre avait lieu.
Quand j’entends un conseiller pédagogique parler d’une « production » à propos du tableau d’un artiste, comme il parlerait du dessin d’un gosse, je me dis qu’il est temps de redescendre sur terre. Les Misérables, une "production" de Victor Hugo ? Le David, un "modelage" de Michel-Ange ? N’y a-t-il pas là, aussi, une certaine volonté de brouiller le langage et donc sa compréhension ?
Ces deux enquêtes s’inscrivent dans la perspective d’« évaluations-bilans » par disciplines scolaires en fin de primaire et fin de collège, qui ont été engagées depuis 2003 avec l’étude sur la « compréhension écrite et orale ». Renouvelées tous les six ans, ces enquêtes doivent permettre de suivre l’évolution du « niveau des élèves. » Les résultats publiés en 2008 porteront sur les sciences et les mathématiques. On voit mal comment les conclusions pourraient être différentes et en quoi les matières scientifiques nécessiteraient une moins bonne maîtrise de la langue véhicule de l’enseignement.
Quoi qu’il en soit, les résultats de ces études sont proposés dans le langage jargonnant cher à l’Éducation nationale et il y a fort à parier que si l’on en proposait la lecture aux élèves-cobayes, les résultats sur la compréhension d’un texte seraient encore plus catastrophiques que ce qu’ils sont déjà.
La vraie question est donc : ayant constaté un affaiblissement du niveau élémentaire de la langue chez nos chères têtes blondes, dans la mesure où l’on n’a pas trouvé pour l’heure le moyen d’y remédier, ne faudrait-il pas, pour l’ensemble du système d’enseignement, tenter de se mettre à la portée de son auditoire afin de s’en faire comprendre ?
J’écris ceci près du radiateur, ma place habituelle depuis les temps immémoriaux où déjà je trouvais mes maîtres hermétiques et heureux de l’être pour se donner un air d’intelligence. Ceux qui voulaient bien descendre de leur piédestal – l’estrade du bateleur – étaient loin de déchoir ! Les efforts qu’ils consentaient pour venir vers nous étaient le plus souvent payés de retour, ils nous donnaient envie d’aller vers eux et quelquefois la rencontre avait lieu.
Quand j’entends un conseiller pédagogique parler d’une « production » à propos du tableau d’un artiste, comme il parlerait du dessin d’un gosse, je me dis qu’il est temps de redescendre sur terre. Les Misérables, une "production" de Victor Hugo ? Le David, un "modelage" de Michel-Ange ? N’y a-t-il pas là, aussi, une certaine volonté de brouiller le langage et donc sa compréhension ?













