samedi 18 février 2012

Nectar philosophique

Du big-bang à l’or liquide extrait des grappes sur les parcelles de Sauternes, Michel Onfray revisite les temps et – leurs formes – nécessaires à l’accomplissement d’une des merveilles de ce monde.

Avant la lecture de Les Formes du temps, jamais nous n’avions pensé à aller chercher aussi loin et profondément les racines généalogiques du nectar dont nous nous régalions pourtant en parfait connaisseur croyions-nous.

À la fois érudit, métaphysique et poétique, ce court texte ontologique se veut une Théorie du sauternes et propose de percer le mystère qui va de la matière au délice. On est parfois dérouté, il y a dans ces pages comme une ivresse. Non pas celle du buveur qui ne connaît pas la modération, davantage la griserie du chercheur emporté dans l’élan de sa démonstration.

Le philosophe ferraille avec les éléments les plus simples, part à l’assaut des assemblages les plus complexes, et comme dans Cyrano (acte I scène IV) il peut dire : « Et à la fin de l’envoi, je touche. » Oui, il fait mouche et nous levons notre verre à cette passionnante démonstration.

jeudi 16 février 2012

Si même lui n'y croit pas !

Après avoir regardé un condensé de l’intervention du président de la République au journal télévisé de TF1, hier soir, j’ai jeté six mots sur le papier qui résumaient ce que je venais de voir : « Sourire niais, attitude désinvolte et dilettante… » Bien sûr, je n’ai jamais éprouvé la moindre attirance pour ce personnage, mais je sais reconnaître aux gens les qualités qu’ils ont même lorsqu’ils me sont antipathiques. Par honnêteté, j’ai essayé de faire le tour des éditorialistes ce matin pour voir s’ils étaient moins sévères que moi ou même conquis par cette prestation. Eh bien, ce que j’ai pu entendre conforte assez mon propre ressenti.

On a tellement voulu nous faire croire qu’une certaine impatience se faisait autour de cette candidature, que lorsqu’elle arriverait nous verrions ce que nous allions voir, que nous ne pouvons que rester pantois devant ce pétard mouillé comme un maire de province devant un feu d’artifice ruineux et sans éclats.

Nous pouvons tirer un enseignement de cette prestation télévisée : contrairement à Bernard Tapie, le président sortant n’a aucune chance de se recycler comme comédien. Ce serait catastrophique ! C'était tellement mal joué qu'on sentait bien que même lui ne croyait ni à son personnage ni à son texte.

Si l’enthousiasme des électeurs de l’UMP est égal à celui montré par leur candidat hier, il n’y aura pas foule devant les urnes dans deux mois. Le ton n’était pas propre à réveiller et fédérer une "France forte" mais davantage à fleurir une France morte. Sur l’affiche présidentielle, en fond figure une mer sans bateau. Le capitaine est au premier plan mais il faut croire que le navire a sombré. Encore un qui a voulu parader trop près des côtes !