Je fais bien sûr allusion à sa proposition de référendum sur l’indemnisation des chômeurs. C’est typique de cette attitude qui consiste à foncer dans le tas sans réfléchir.
Il y avait en France (Dom compris), fin décembre 2011, 4 537 800 demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi. Le corps électoral est d’environs 45 000 000 de personnes, c’est dire qu’il y a 10 % de cette population-là au chômage. Que ces gens ont de la famille et que donc il n’existe pas une famille dans ce pays qui n’ait au moins un de ses membres en situation de chômage. Et on voudrait les appeler aux urnes pour qu’ils stigmatisent les plus fragiles d’entre eux ? Sans compter que les 4 537 800 sont autant de voix dont on est à peu près certain que leur vote serait une sanction de la question posée…
Bien évidemment il y a des abus. À mon avis, ils sont résiduels. Vouloir agresser – car c’est de cela qu’il s’agit – des personnes déjà profondément meurtries, c’est tout simplement indigne. C’est flatter les plus bas instincts de quelques poignées de ronchons qui ont toujours les pires solutions à proposer au zinc du coin, un canon de rouge posé devant eux et quelques autres déjà avalés avant la péroraison.
Quand on connaît les âpres négociations menées par les politicards au moment de la distribution des marocains et autres prébendes – « Non, je veux la Justice ou rien ! », « Encore l’Agriculture ? Mais je ne fais que ça… » –, on ne voit pas pourquoi un chômeur serait forcé d’accepter n’importe quel poste n’importe où sous peine d’être radié temporairement ou définitivement de l’indemnisation. La "France d’en bas" dont parlait un ancien Premier ministre, aurait-elle moins le droit de choisir son destin qu’une hypothétique "France d’en haut" tellement perchée sur ses sommets qu’elle ne sait plus très bien ce qui se passe en base, justement !
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