samedi 18 février 2012

Nectar philosophique

Du big-bang à l’or liquide extrait des grappes sur les parcelles de Sauternes, Michel Onfray revisite les temps et – leurs formes – nécessaires à l’accomplissement d’une des merveilles de ce monde.

Avant la lecture de Les Formes du temps, jamais nous n’avions pensé à aller chercher aussi loin et profondément les racines généalogiques du nectar dont nous nous régalions pourtant en parfait connaisseur croyions-nous.

À la fois érudit, métaphysique et poétique, ce court texte ontologique se veut une Théorie du sauternes et propose de percer le mystère qui va de la matière au délice. On est parfois dérouté, il y a dans ces pages comme une ivresse. Non pas celle du buveur qui ne connaît pas la modération, davantage la griserie du chercheur emporté dans l’élan de sa démonstration.

Le philosophe ferraille avec les éléments les plus simples, part à l’assaut des assemblages les plus complexes, et comme dans Cyrano (acte I scène IV) il peut dire : « Et à la fin de l’envoi, je touche. » Oui, il fait mouche et nous levons notre verre à cette passionnante démonstration.