On parle beaucoup du livre numérique comme d’un ennemi possible de son ancêtre de papier. Je ne suis pas certains qu’au bout du compte il emporte la victoire, même si l’on peut constater une progression spectaculaire de ses parts de marché outre-Atlantique. En revanche, il se pourrait qu’il ait un allié de poids inattendu du côté de l’immobilier.
La flambée du montant des loyers des locaux commerciaux en centre-ville commence à faire des ravages dans le secteur de la librairie, comme on peut le constater à Toulouse. Cette semaine a vu la fermeture définitive de Castéla – fondée en 1917 –, place du capitole et ce pourrait bien être rapidement au tour de sa consœur Siloë Jouanaud, rue de La Trinité. Une rumeur circule également sur la prochaine disparition de Virgin au profit d’un Apple Store.
La première conséquence de cette situation est humaine. Dans le cas de Castéla, ce sont plus d’une trentaine de salariés qui se retrouvent sur le pavé. Mais si l’on y réfléchit de manière plus approfondie, il n’est pas impossible que cette situation aboutisse objectivement à une terre brûlée culturelle dans nos grandes villes. La disparition des librairies annonce à plus ou moins long terme la mort du livre. Je ne parle pas des best-sellers et romans de gare que l’on trouve en abondance dans les grandes surfaces et kiosques de transports de masse, mais des livres à public moins large dont nous sommes pourtant nombreux à nous délecter.
Si une véritable politique urbaine ne se met pas en place, nous n’aurons bientôt plus que des banques, des boutiques de téléphonie mobile, des parfumeries et des boutiques de produits high-tech dans le centre de nos villes, tout le reste étant repoussé à la périphérie et donc moins accessible.
Resteront, bien sûr, les sites de vente en ligne. Mais ceux-ci ne pourront jamais offrir le premier service d’une véritable librairie qui est de permettre au client de se mouvoir au milieu des ouvrages, de se laisser attirer par l’un plutôt que l’autre, de le feuilleter et de pouvoir demander un conseil personnalisé à un vendeur compétent. Ce dernier point est primordial, il est pourtant déjà absent des grandes surfaces culturelles comme la Fnac ou Virgin, qui ne sont que des marchands de soupe employant du personnel sous-payé et dont on ne peut guère attendre une motivation véritable en conséquence.
Jusqu’à présent, c’étaient les cimetières que l’on repoussait en marge des villes, nécessaire mise à l’écart de la putréfaction. Aujourd’hui, ce sont les lieux culturels et de détente comme cinémas et restaurants. Il s’agit en fait de les rapprocher des centres commerciaux comme si l’on voulait montrer qu’il n’existe pas d’autre vie que la consommation. C’est une conception morbide contre laquelle nous devons nous révolter et lutter de toutes nos forces.
La flambée du montant des loyers des locaux commerciaux en centre-ville commence à faire des ravages dans le secteur de la librairie, comme on peut le constater à Toulouse. Cette semaine a vu la fermeture définitive de Castéla – fondée en 1917 –, place du capitole et ce pourrait bien être rapidement au tour de sa consœur Siloë Jouanaud, rue de La Trinité. Une rumeur circule également sur la prochaine disparition de Virgin au profit d’un Apple Store.
La première conséquence de cette situation est humaine. Dans le cas de Castéla, ce sont plus d’une trentaine de salariés qui se retrouvent sur le pavé. Mais si l’on y réfléchit de manière plus approfondie, il n’est pas impossible que cette situation aboutisse objectivement à une terre brûlée culturelle dans nos grandes villes. La disparition des librairies annonce à plus ou moins long terme la mort du livre. Je ne parle pas des best-sellers et romans de gare que l’on trouve en abondance dans les grandes surfaces et kiosques de transports de masse, mais des livres à public moins large dont nous sommes pourtant nombreux à nous délecter.
Si une véritable politique urbaine ne se met pas en place, nous n’aurons bientôt plus que des banques, des boutiques de téléphonie mobile, des parfumeries et des boutiques de produits high-tech dans le centre de nos villes, tout le reste étant repoussé à la périphérie et donc moins accessible.
Resteront, bien sûr, les sites de vente en ligne. Mais ceux-ci ne pourront jamais offrir le premier service d’une véritable librairie qui est de permettre au client de se mouvoir au milieu des ouvrages, de se laisser attirer par l’un plutôt que l’autre, de le feuilleter et de pouvoir demander un conseil personnalisé à un vendeur compétent. Ce dernier point est primordial, il est pourtant déjà absent des grandes surfaces culturelles comme la Fnac ou Virgin, qui ne sont que des marchands de soupe employant du personnel sous-payé et dont on ne peut guère attendre une motivation véritable en conséquence.
Jusqu’à présent, c’étaient les cimetières que l’on repoussait en marge des villes, nécessaire mise à l’écart de la putréfaction. Aujourd’hui, ce sont les lieux culturels et de détente comme cinémas et restaurants. Il s’agit en fait de les rapprocher des centres commerciaux comme si l’on voulait montrer qu’il n’existe pas d’autre vie que la consommation. C’est une conception morbide contre laquelle nous devons nous révolter et lutter de toutes nos forces.
2 commentaires:
Il n'est pas question que la librairie Siloë Jouanaud ferme ses portes. Nous luttons pour cela.
François Raverdeau (Directeur de la libraie Siloë Jouanaud)
C’est une bonne nouvelle, dont nous sommes nombreux à nous réjouir !
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