À l’heure du bilan d’un quinquennat à nul autre semblable, alors que le parti présidentiel tente de rendre positives des réformes que l’opposition et la majorité sondagière jugent négatives, il faut bien convenir qu’il y aura au moins une chose à retenir de cette mandature. Sans doute n’est-elle pas celle à laquelle tout le monde pourrait penser de prime abord. Mais pour ce qui me concerne, elle est à inscrire au fronton de cette page – froissée – de notre histoire. Le meilleur du quinquennat qui s’achève, à mon sens, c’est qu’il a alimenté sans relâche la verve chroniqueuse de Patrick Rambaud qui a pu ainsi nous donner un résumé annuel des heurs, malheurs et turpitudes d’un régime moyenâgeux et féodal à peine dissimulé sous un fard démocratico-républicain.
Rambaud nous livre donc cette Cinquième chronique du règne de Nicolas Ier, qu’il espère être la pénultième. Comme dans les précédentes, c’est pour nous l’occasion d’une révision générale des épisodes toujours épiques qui ont jalonné les mois écoulés. Nous y revivons les scènes sans cesse ressassées sur les fenestrons de l’actualité et souvent nous y découvrons des aspects qui nous avaient échappé ou qui avaient été passés sous silence. Des éléments qui permettent un meilleur éclairage que celui que nous pensions avoir de telle ou telle affaire. Les liens plus ou moins cachés qui relient parfois telle personne mise en cause ou accusatrice avec le monde médiatico-politique par exemple.
Mais ce qui fait la force de cette chronique, c’est le ton avec lequel elle est écrite. Ici, le burlesque et l’impertinence semblent polir la massue non point pour en arrondir les angles mais pour en augmenter le poids et la force de frappe. Le ton de la farce est bien plus incisif que la pédanterie du pamphlétaire.
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