Le nouveau livre de Régis Debray, Jeunesse du sacré, est magnifique tant sur le fond que dans sa forme, avec une iconographie abondante et choisie.Il se penche sur le sacré et se livre à une enquête pour nous en livrer les contours et montrer que notre ère de « modernité hypertechnique » donne « une nouvelle jeunesse » à ce concept, « quitte à le faire glisser de l’histoire à la nature. »
Le sacré préexiste au religieux et lui survivra, c’est dire qu’il ne se laisse pas limiter par lui. Dans un tour du monde et des âges, Régis Debray scrute les lieux chargés de sens, interroge les références historiques et montre que chaque époque fait « du sacré avec du prosaïque. » Il ne faut pas s’y tromper : « Il n’y a pas de sacré pour toujours, mais il y a toujours du sacré dans une société au développement durable. À preuve, nos principes intouchables, propos intolérables et monstres sacrés. »
En prenant le temps de nous pencher sur ce qu’il y a de sacré dans notre époque et notre culture, nous nous retrouvons à interroger nos valeurs et nous prenons position dans un débat qui agite souvent nos sociétés de soubresauts politiquement téléguidés. Ce que nous considérons comme sacré nous aide à savoir qui nous sommes et à ne pas glisser vers qui nous ne voudrions pas devenir.
Le sacré est une forme de mémoire collective, il est aussi un rempart contre les barbaries qui nous guettent, les extrémismes de toutes sortes, la mondialisation marchande qui prétend tout bousculer et basculer.
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