L’UMP et le PS se sont livrés hier une petite guerre sans intérêt à propos de deux mots lâchés par François Hollande et tirés hors de leur contexte. "Sale mec" a-t-il dit… Il ne s’agissait pas de traiter ainsi le président de la République, mais d’imaginer que celui-ci se présentait de la sorte lui-même devant les électeurs. D’une part, il me semble que "sale mec" est bien plus anodin que "sale type", d’autre part je ne crois pas que le président de la République ait quoi que ce soit à redire à cela, lui qui traite les badauds dans les foires agricoles de "pauv’ con". On le voit, le niveau n’est guère élevé de part et d’autre !
Alors, si la campagne ne doit se résumer qu’à ce genre d’attaques, je me demande si nous ne devrions pas rêver d’un 22 avril. Ni d’un 21, ni d’un 21 à l’envers, mais d’un 22… Une élection qui, au soir du premier tour, éliminerait d’entrée les deux principaux partis de ce pays. Tous deux ont fait preuve de leur incompétence relative, tous deux ont tellement l’habitude de se partager le gâteau qu’ils ne font plus même semblant de respecter leurs électeurs. On voudrait qu’ils fassent de la politique sérieusement, ils ne sont bons qu’à nous donner du – et se donner en – mauvais spectacle.
Imaginons le cataclysme d’un second tour Bayrou contre Le Pen ! Les deux "grands" sur le banc de touche, au ban de la politique… Je sais bien que c’est une utopie absolue, qu’il y aura toujours des gogos pour voter dans la ligne du parti qui est le leur, même si c’est la plus courte ligne droite jusqu’au mur final, mais puisque le 21 avril était garanti impossible avant qu’il ne se produise, eh bien il est tout de même permis de rêver. C’est peut-être ça dont il est question dans cette histoire de "réenchanter le rêve français", après tout ?
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