lundi 2 janvier 2012

L’année du pigeon

C’est une sorte de rite superstitieux qui nous fait, chaque année, former des vœux au jour de l’an nouveau. Cela tient de l’exorcisme païen, on voudrait chasser le mauvais par quelques incantations magiques et croire que tout ira pour le mieux : santé, amour, argent et le reste… Ça ne mange pas de pain, on peut y croire ou seulement faire semblant. En définitive, et de façon inattendue, cela produit immédiatement un effet bénéfique en ce que cela participe du maintien d’un lien social minimum à l’intérieur de bien des familles comme entre de nombreuses connaissances qui se sont depuis longtemps perdues de vue.

Cette année, il faut être doté d’une foi profonde pour participer à ce carnaval. Ou bien avoir envie de faire le tour du village pour boire la "goutte" traditionnelle de maison en maison. Celle-ci réchauffe certainement plus vite et mieux que les bons sentiments !

Je ne suis pas pessimiste. Tout au plus réaliste… Qui peut douter qu’en France, 2012 sera l’année du pigeon ? Hier, le taux réduit de TVA a été relevé d’1,5 %, le prix du gaz de 4,4 %, demain ce sera au tour des billets de train (+ 3,2 %) et ce n’est là que le début d’une longue litanie qui s’accentuera après le 6 mai, quel que soit le nom de celui qui devra endosser ces mesures.

Pour le moment, dotés de nos plumes, nous ne sentons qu’à peine la crise passer sur nous. Une fois plumés, dans la tempête et la tourmente, nous regretterons 2011. C’est là aussi un réflexe superstitieux que de croire que c’était mieux avant. La mémoire est sélective, elle se souvient du positif et occulte facilement le négatif.

La vérité est qu’il ne sert à rien de courir après le bonheur, la sagesse est de prendre le temps d’observer autour de soi pour ne pas le laisser passer. À regretter celui qui s’est enfui, à attendre celui qui pourrait venir, combien ont laissé passer celui qui était là et qu’ils n’ont pas vu. Ouvrons les yeux et laissons tomber les incantations inutiles !