Regardons les choses de plus près. Puisqu’il est évident que le président est candidat mais qu’il est tout aussi évident qu’on peut difficilement saucissonner son temps entre ces deux casquettes, sans doute pouvons-nous prendre les choses sous un angle plus objectif.
Un déplacement présidentiel en province revient en moyenne à 90 000 euros. En novembre, il y en a eu une quinzaine, soit 1 350 000 euros. S’il s’agit d’une moyenne mensuelle, cela représente annuellement 16 200 000 euros.
Nous sommes dans une période de crise monumentale. Chacun doit faire des efforts et le gouvernement de cesse de nous dire qu’il faut réduire les dépenses publiques en supprimant des fonctionnaires. À l’ère du numérique et de la visioconférence, on peut légitimement se demander si les balades du chef de l’État ne sont pas clairement inutiles. 16,2 ME, c’est déjà bon à prendre comme économie, non ?
On pourrait appliquer le même raisonnement aux ministres. Par exemple, on se demande bien la nécessité pour le ministre de l’Intérieur d’aller à Marseille au chevet d’un policier blessé. L’administration est une voie hiérarchique. Il lui suffisait d’appeler le préfet, qui aurait répercuté sur le directeur du SRPJ, qui aurait fait suivre au commissaire divisionnaire, qui en aurait touché deux mots au commissaire en charge du dossier, qui aurait délégué un inspecteur à l’hôpital. Quatre appels téléphoniques contre un déplacement pléthorique et dispendieux…
Je n’ai parlé ici que de fonctions, ne citant volontairement pas les noms de ceux qui les occupent, parce que cette remarque vaut pour maintenant autant que pour le futur. Il est temps que les économies se fassent à tous les niveaux. Les déplacements dont il est ici question n’ont d’autre but que l’entretien d’une image médiatique, ils ne sont d’aucun effet sur la marche du pays.
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