Dans le septième volume de sa Contre-histoire de la philosophie, intitulé La construction du surhomme, Michel Onfray s’attache à faire le tri dans une œuvre falsifiée par la sœur du philosophe. Il s’agit de rendre à Nietzsche ce qui est à lui et d’écarter les textes qui lui sont faussement attribués, soit qu’il ait lui-même recopié des citations comme autant de notes qu’il n’eut pas le temps d’exploiter par la suite et qui sont agrégées à ses écrits sans guillemets ni références, soit qu’on y ait pratiqué des coupures qui en changent le sens, doits qu’ils soient totalement apocryphes. Il s’attache à montrer que la vision du "philosophe nazie" colportée par certains ne tient pas la route au regard des véritables écrits de Nietzsche et de la vie qu’il a menée. À l’inverse, il commence son livre par la présentation d’un philosophe français, Jean-Marie Guyau, dont l’œuvre est loin d’être sans parenté à ses yeux avec l’idéologie de Vichy. Une façon de montrer qu’il est facile de se tromper de cible et que seule la paresse intellectuelle permet de perpétuer une telle erreur.
Le "surhomme" dont nous parle Onfray n’a rien à voir avec un géant bodybuildé à l’attitude fascisante. Il insiste sur la déviance totale d’interprétation du concept. Le "surhomme" de Nietzsche n’était rien de plus qu’un homme capable de se dépasser et aspirant à la Vie Sublime dans le siècle, qui a « compris que la volonté de puissance a les pleins pouvoirs, qu’il faut vouloir cette volonté qui nous veut, puis l’aimer pour accéder à une jubilation suprême. Une technique de sagesse à la portée de tous ».
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