mercredi 21 décembre 2011

À quels seins se dévouer ?

On parle beaucoup, depuis quelques jours, de prothèses mammaires de mauvaise qualité qui pourraient être à l’origine de cancers.

On apprend maintenant que le gouvernement s’apprête, d’ici la fin de la semaine, à recommander l’explantation de ces implants PIP à près de 30 000 femmes, au nom du principe de précaution. Huit cas de suspicion entraîneront donc une dépense considérable de la part de la sécurité sociale, avant même que le lien de cause à effet soit prouvé !

Il me semblait que ladite sécurité sociale se portait mal, que les Français dépensaient trop en matière de santé. Dans ces conditions, à quoi peut correspondre la dépense envisagée ?

La première question à se poser serait sans doute de faire le tri entre les prothèses qui ont été implantées pour des raisons purement esthétiques et celles qui l’ont été pour des raisons de reconstruction suivant un acte médical. La solidarité envers les malades est le principe même de la mutualisation du système de santé, le confort des bimbos n’en fait manifestement pas partie.

Il y a des maladies orphelines qui concernent plus de huit personnes dans notre pays et pour lesquels l’État n’investit pas dans la recherche. Les gens qui en sont atteints sont pourtant malades. Ici, il s’agit de dépenser sans même savoir si cela a une utilité réelle. Sans compter qu’une opération n’est jamais anodine et sans risque. On parle beaucoup du bénéfice/risque en matière de santé, comment justifie-t-on celui qui est envisagé dans cette affaire ? N’y a-t-il pas précipitation et agitation en la matière ?