jeudi 22 décembre 2011

Les héros de l’époque

Ce n’est pas nouveau. Déjà, dans l’Antiquité, quand le peuple grognait la solution consistait à lui proposer les jeux du cirque pour détourner son attention. C’est dire que les vieilles recettes sont souvent les meilleures !

Je me fais cette réflexion en rapprochant deux informations et l’exploitation qui en est faite. La première concerne la condamnation de Jacques Chirac et les supputations faites autour du retrait possible de sa Grand-croix de la Légion d’honneur. À cette occasion, j’ai entendu Christophe Barbier – Directeur de la rédaction de L'Express –, dire cette énormité sur Europe 1, que cette distinction ne devrait pas être donnée systématiquement aux hommes politiques mais qu’elle devrait être réservée aux héros qui ont représenté le pays, tels que les athlètes des différentes équipes de France… La seconde, information tient au buzz fait autour de l’arrivée de David Beckham au PSG pour un salaire mensuel de 800 000 euros avec deux voitures et deux chauffeurs, plus quelques autres "petits" avantages.

Ainsi donc, nous n’aurions d’autres modèles et d’autres héros que les sportifs ? À tel point qu’il est normal de les rémunérer de façon indécente et caricaturale !

Songeons au véritable prix de l’héroïsme. Il est rarement synonyme d’enrichissement personnel. Le général de Gaulle a-t-il tiré plus que la gloire de son action, lui qui avait fait installer un compteur électrique à son nom dans les appartements privés de l’Élysée et pour qui : « ceux qui ont eu l’honneur de servir la France n’ont que faire de récompense ou de remerciement » ?

Courir derrière un ballon n’a jamais fait avancer l’humanité d’un pas. C’est un exploit sportif et artistique, je le concède bien volontiers, mais il n’y a nul héroïsme là-dedans. Surtout si l’on met en jeu de telles sommes. Le propre de l’héroïsme est le désintéressement matériel en même temps que la noblesse du but à atteindre. Et par "but" il ne s’agit pas de parler de la cage d’un terrain de football.