mercredi 7 décembre 2011

Le cinéma à la conquête de la Californie

Parmi les grands romans historiques de Gore Vidal, Hollywood est indéniablement une réussite. Fleuve et foisonnant, ce récit mêle réalité et imagination pour brosser un tableau fascinant des États-Unis au début du siècle dernier, au moment où l’industrie du cinéma prend son essor tandis que de l’autre côté de l’Atlantique l’Europe est plongée dans une guerre dévastatrice.

Le roman commence en 1916, à la veille de l’entrée des États-Unis dans le premier conflit Mondial. Il suit parallèlement l’évolution politique de ce pays, les tractations électorales, les tensions au sein des Assemblées, et le développement d’un cinéma dont la puissance sera mise au service de la propagande militaire.

On croise ici les grandes vedettes de l’écran de l’époque, comme Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Cecil B. De Mille, Charlie Chapelin, aussi bien que les principaux personnages de la vie publique, tels Woodrow Wilson, Franklin et Eleanor Roosevelt et l’on assiste à un fascinant ballet historique.

Un grand roman n’est pas là que pour nous dépayser, il pose également les jalons d’une réflexion sur des sujets de société, à la fois historiques et actuels. Ici, il est question de la naissance de la Société des Nations, des difficultés à faire aboutir un projet dans lequel le président Wilson mettait tout son poids, et qui sera vidé de sa substance. On voit également l’industrie cinématographique se faire une place de choix parmi les principaux leviers du pouvoir, à côté de la politique et de la presse et devenir un instrument de façonnage de l’opinion publique pour le meilleur et pour le pire. Un siècle plus tard, les choses sont-elles fondamentalement différentes ?