L’ordonnance de 1945, qui régit le statut des mineurs, a été maintes fois remaniée. À tel point que les juges reconnaissent ne plus y comprendre grand-chose. Plutôt qu’une nouvelle loi transitoire, il est à se demander si la solution ne consisterait pas plutôt à dire une fois pour toutes que le code pénal s’applique à toute personne sans considération de son âge.
L’obsession sécuritaire de la droite y gagnerait en efficacité. On pourrait ainsi traduire pour meurtre devant une cour d’assises tout bébé dont la naissance aurait entraîné la mort de sa mère dans la salle de travail. L’"Impunité zéro" enfin atteinte !
Les petits camarades de Jean-François Copé ont raison. Ce qui importe, c’est moins l’âge de Pierre que les actes qu’on lui reproche.
En matière judiciaire – et je ne dis pas "pénale" – il est temps que le privilège de l’irresponsabilité reste uniquement celui du président de la République. Au moins tant que la majorité ne change pas. Après cela, il y a fort à parier que la position de l’UMP changera… au moins tant qu’elle restera dans l’opposition !
Derrière tout ceci, il n’y a rien d’autre que des effets d’annonce en période électorale. Seuls les chiffres disent la vérité. En France il y a cinq cents places en milieu éducatif fermé pour les mineurs alors qu’il y a plus de trois mille affaires les concernant chaque année. Les prisons sont surchargées. Prévoir l’incarcération d’un mineur de douze ans sur le papier ne trouvera pas de solution dans la réalité. D’autant que l’UMP prône le non-remplacement des fonctionnaires, donc il n’est pas question d’envisager la construction de prison et l’embauche de personnel pénitentiaire.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire