mardi 26 juillet 2011

Q.H.S., quotidien haute sécurité ?

Le délire sécuritaire de la droite libérale, souvent plus prononcé que celui de la droite extrême, commence à faire tache d’huile sur la gauche. On se souvient des propositions saugrenues d’une Ségolène Royal il y a cinq ans, on peut aujourd’hui apprécier le discours de Manuel Valls…

Je ne sais pas si, proportionnellement, il y a plus d’insécurité maintenant qu’avant. En revanche il ne fait aucun doute que le "flicage" s’est considérablement accru dans les dernières décennies. Multiplication des fichiers de l’État (plus de 400 dans lesquels tout citoyen est susceptible de figurer) mais aussi de firmes privées.

Nous savons tous cela, mais nous n’y pensons pas. Nous nous disons qu’à partir du moment où nous n’avons rien à nous reprocher, nous pouvons bien être mis en fiches car cela ne peut nous nuire en rien. Ce n’est pourtant pas si certain que cela. Il suffit qu’une loi change ou que quelqu’un de mal intentionné nous veuille du mal, ou par exemple d’une erreur de saisie informatique qui nous attribuerait l’ADN d’un violeur en série.

L’État resserre son étau autour de nous. Ce même État qui ne se veut plus "providence", qui prêche un libéralisme débridé en toutes autres choses, ne supporte pas de ne pas nous contrôler de l’âge de trois ans jusqu’à notre mort et même au-delà. Mais il n’est pas le seul, car des sociétés privées stockent des données nous concernant, qu’elles revendent à d’autres sociétés souvent dans un but de démarchage commercial, mais après tout qui nous dit qu’elles n’en ont pas d’autres moins avouables ?

Nous sommes les complices volontaires de ce système en renseignant trop généreusement nos profils sur les réseaux sociaux ou en répondant à des questionnaires d’enquêtes de consommation ou autres. Parfois c’est involontaire : que dire des bases de données bancaires dans lesquelles nos vies privées ne sont plus qu’une utopie ?

Les Désobéissants dressent un état des lieux des lois récentes qui organisent ce flicage et ouvre des pistes pour y résister autant que possible. Désobéir à Big Brother est un court essai militant et plein d’enseignements, qui nous amène nécessairement à réfléchir et à nous positionner de façon avertie.

Ce n’est pas parce que les caméras sur la voie publique ont été rebaptisées hypocritement "vidéosécurité" en France – plutôt que "vidéosurveillance" comme partout ailleurs – qu’elles ont changé de destination. Elles n’ont aucune efficacité en matière de prévention ou d’intervention comme le montrent différents rapports, pourtant leur multiplication – outre les contrats juteux accordés aux copains – doit bien avoir un but…

Nos libertés individuelles est collectives sont de plus en plus menacées. La tentative de contrôle de l’Internet par les États en est le signe le plus flagrant et les moyens qu’ils se donnent pour y parvenir la parfaite illustration.

Derrière la théorie de la "tolérance zéro", on nous promettait un quotidien de haute sécurité (Q.H.S.) Nous aurions dû nous méfier de ce sigle de triste mémoire, lui au moins n’était pas hypocrite !